C’est probablement la question la plus fréquente quand on rencontre un commerçant qui hésite à investir dans son digital. “J’ai déjà 800 followers sur Instagram, à quoi me servirait un site web ?” La question est légitime, et la réponse demande un peu de nuance.

Ce qu’Instagram et Facebook font très bien

Soyons clairs : pour un commerce de proximité avec une dimension esthétique forte (salon, institut, restaurant, fleuriste, boulangerie…), un compte Instagram bien tenu est un outil puissant. Il permet de montrer votre travail au quotidien, de raconter votre histoire, de créer une relation avec votre clientèle existante, de bâtir une communauté.

Si vous postez régulièrement (2 à 3 fois par semaine), si vous interagissez avec votre audience, si vous utilisez les Stories pour le quotidien et le feed pour les plus belles réalisations, vous avez probablement la couche “réseaux sociaux” de votre présence en ligne bien couverte.

Facebook joue un rôle un peu différent en Suisse romande : moins consulté par les moins de 35 ans, mais encore très utilisé par les 40-60 ans, qui sont souvent vos meilleurs clients en termes de pouvoir d’achat. Une page Facebook tenue à minima (informations de base à jour, quelques publications par mois) vaut la peine d’exister.

Ce que les réseaux sociaux ne font pas

Mais les réseaux sociaux ne sont pas votre site web, et ils ne le remplaceront jamais sur trois points fondamentaux.

Ils ne sont pas trouvables sur Google. Quand quelqu’un tape “coiffeur Etoy” ou “restaurant Morges”, Google affiche des sites web et des fiches Google Business. Pas des comptes Instagram. Vous pouvez avoir 10’000 followers, vous restez invisible pour la personne qui ne vous connaît pas encore et qui cherche un commerce comme le vôtre.

Ils ne vous appartiennent pas. Demain, Instagram modifie son algorithme et votre reach (le nombre de personnes qui voient vos posts) chute de 70%. C’est arrivé en 2018 sur Facebook, c’est arrivé en 2023 sur Instagram. Un commerçant qui n’avait que ces canaux s’est retrouvé du jour au lendemain avec une audience divisée par trois, sans aucun recours. Votre site web et votre nom de domaine, eux, vous appartiennent vraiment.

Ils ne sont pas adaptés à l’acte de réservation ou d’achat. Un visiteur Instagram qui clique sur votre lien arrive sur une “linktree” remplie d’options, ou sur une page peu claire. Le taux de conversion est mauvais. Sur un vrai site, structuré pour guider le visiteur jusqu’à la prise de rendez-vous ou de commande, le taux est plusieurs fois supérieur.

La complémentarité, c’est la bonne approche

Ce n’est pas Instagram OU un site web — c’est Instagram ET un site web. Chacun joue un rôle :

Instagram : entretenir la relation avec votre clientèle existante, montrer votre travail, créer du désir, mettre en avant les nouveautés, gérer une communauté.

Le site web : être trouvé par Google (acquisition de nouveaux clients), donner toutes les informations utiles (services, prix, horaires, contact), faciliter la prise de rendez-vous, rassurer une cliente qui hésite encore.

La fiche Google Business : être visible dans les recherches locales avec carte, recueillir les avis, afficher les horaires en temps réel, donner le chemin.

Les trois travaillent ensemble. Si vous ne devez en choisir qu’un, ce serait probablement la fiche Google Business (gratuite, énorme impact pour l’acquisition). Mais idéalement vous avez les trois, chacun maintenu à un niveau d’effort raisonnable.

Ce que ça change concrètement pour un commerçant

Prenons un salon de coiffure fictif à Lausanne. Sans site web, en s’appuyant uniquement sur Instagram et le bouche-à-oreille : il sera trouvé par les personnes qui le connaissent déjà ou à qui on l’a recommandé. Son acquisition de nouveaux clients dépend entièrement du référencement physique (vitrine, passants) et du réseau personnel.

Le même salon, avec un site bien fait et une fiche Google optimisée : il apparaît dans les recherches “coiffeur Lausanne”, “balayage Lausanne”, “coupe homme moderne Lausanne”. Il capte régulièrement des nouvelles clientes qui ne le connaissaient pas. Ces clientes, une fois venues une première fois, peuvent ensuite être fidélisées via Instagram pour les actualités, et la fiche Google pour les avis.

C’est un système, pas une option parmi d’autres.

Le coût relatif

Un compte Instagram bien tenu demande environ 2 à 4 heures par semaine de travail (production de contenu, interactions, planning). Sur un an, c’est 100 à 200 heures de votre temps.

Un site web bien fait demande un investissement initial (de 800 à plusieurs milliers de francs selon le prestataire) puis quelques minutes par mois de modifications. C’est un investissement ponctuel qui continue à produire des résultats sans effort quotidien de votre part.

Les deux logiques sont complémentaires : l’un demande du temps régulier, l’autre demande un investissement initial puis devient un actif passif. Pour la plupart des commerçants, c’est ce qu’il faut.

Comment commencer si on n’a rien

Si vous n’avez aujourd’hui qu’Instagram, l’ordre de priorité que nous recommandons est :

  1. Créer et optimiser votre fiche Google Business — c’est gratuit, c’est rapide, et c’est probablement ce qui aura l’impact le plus immédiat sur votre acquisition.
  2. Construire un site web simple — trois à cinq pages bien faites valent mieux que vingt pages bâclées. Site qui décrit clairement ce que vous faites, qui inclut vos prestations avec prix indicatifs, et qui facilite la prise de contact.
  3. Continuer à entretenir Instagram — pour la relation, l’image, la fidélisation.

Si vous voulez en discuter pour votre cas précis, écrivez-nous. On regarde ensemble ce qui ferait sens en priorité pour votre commerce.